Transexualité

Transexualité

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Notre enfant nous dit "je suis – ou je veux être – de l'autre sexe".

En tant que parents, cette affirmation suscite d'abord notre incrédulité, notre désarroi et elle risque de nous conduire à une réponse répressive, voire moqueuse, qui blessera et désolera notre enfant

On peut penser à l'homosexualité, mais il s'agit d'autre chose. Ce n'est pas la préférence sexuelle qui est en jeu, mais l'identité masculine ou féminine. Certes, avant la puberté, les jeunes traversent des périodes de questionnement sur leurs préférences sentimentales ou leur identité de genre, il faut prendre le temps d'observer et d'écouter. Mais si la volonté de changer de genre perdure, la demande doit être prise très au sérieux. Toutefois, ce besoin irrépressible de vivre en tant qu'homme (pour une femme de naissance) ou que femme (pour un homme) n'est pas toujours clairement exprimé, il est même souvent auto-réprimé. Il se peut que la personne ne se décide à être enfin elle-même (c'est ainsi qu'elle le ressent intensément) que beaucoup plus tard (à plus de 60 ans parfois!), après avoir mené une vie apparemment "normale", mais ô combien douloureuse intérieurement.

La transidentité a toujours existé, dans toutes les civilisations, dans toutes les couches de la société et dans tous les types de familles. On estime à plusieurs milliers les personnes concernées en France aujourd’hui. Nombre d'hypothèses ont été émises pour tenter d'expliquer ce phénomène : imprégnation hormonale intra utérine, cause génétique, conditions psychologiques des premiers mois de la vie... Aucune n'a pu donner lieu à ce jour à une validation scientifique. Par défaut, la médecine a classé les "troubles de l'identité de genre" dans la catégorie des maladies psychiatriques malgré l'absence de tout symptôme de dysfonctionnement mental. C'est quelque chose qu'il faut changer.

Dès lors que vont être mis en œuvre des soins hormonaux et chirurgicaux, un suivi médical et psychologique est indispensable, mais tous les médecins ne sont pas préparés à un tel suivi et certains risquent d'accroître inutilement la souffrance en cherchant à contrecarrer le processus. La transidentité n'est pas quelque chose que l'on peut chercher à "guérir", ni par la répression (morale ou médicamenteuse), ni par le déni.

Nous, parents, n’avons pas à nous sentir honteux, ou coupables.. La solution est dans l’accueil, l’accompagnement de notre fils ou de notre fille pour lui permettre d’être soi-même, aussi étrange que cela puisse paraître, au-delà des rôles sociaux prédéfinis. Le meilleur moyen que les choses se passent bien, est de s'affirmer à ses côtés face au reste de la famille et de la société.>

GEsT Groupe d'Etude sur la Transidentité
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Quelques réponses à certaines réactions de parents

«C’est un choix égoïste»

On ne choisit pas d’être confronté à la transidentité, vécue en général comme une fatalité. Ce qu’on peut choisir, à un moment donné de son existence, c’est d’y faire face. Et ce choix-là nécessite un grand courage.

Bien sûr, cela implique un engagement total dans un cheminement personnel, et l’entourage peut se sentir floué, laissé pour compte. Mais ce n’est qu’en parvenant à avoir de la considération pour soi-même que l’on peut vivre en harmonie avec les autres.

«C’est que du malheur!»

Aussi étonnant que cela puisse paraître, et à condition que le parcours s’effectue dans de bonnes conditions, c’est au contraire un chemin de bonheur ! En dépit des difficultés du moment, la personne le ressent dès qu’elle aperçoit une issue possible à sa condition antérieure.

Concernant les personnes qui s’orientent vers une transformation corporelle majeure, nombre d’histoires de « changement de sexe » ont effectivement été vécues dans la tragédie, quand elles n’ont pas débouché sur une mort prématurée. Mais l’évolution des conditions médicales et sociales permet à présent d’envisager des parcours plus sereins.

Pour les opérations par exemple, on ne peut plus aujourd’hui parler de « mutilations », tant les progrès réalisés par les équipes médicales de certains pays permettent de qualifier ces interventions de véritables reconstructions. Malgré le peu d’études réalisées sur le sujet, l’ensemble des équipes de protocoles médicaux s’accordent à reconnaître que la plupart des personnes opérées éprouvent un véritable mieux-être et peuvent accéder à une meilleure intégration sociale.

Le cas des personnes qui veulent changer de genre sans chirurgie génitale peut paraître moins angoissant pour l’entourage, mais peut s’avérer plus difficile à vivre socialement puisque ces personnes "transgenre" ne peuvent actuellement obtenir un changement officiel de leur état civil et qu’elles subiront peut-être encore plus de critiques.

«C’est de la provocation»

Certes, la personne transidentitaire «provoque » sans le vouloir un ordre établi, et bouscule des idées toutes faites sur ce clivage habituel homme/femme. Mais c’est en réponse à un ressenti intérieur, non à une volonté de nuire à un ordre social quel qu'il soit : son intention est de vivre en harmonie avec elle-même et avec les autres. C’est justement l’existence d’un véritable tabou social qui va être à l’origine de son mal-être.

«C’est la mode, et vous faites du prosélytisme»

S’il semble qu’il y ait de plus en plus de personnes concernées, c’est simplement parce que les modes de communication ont beaucoup évolué, et que ce qui se vivait dans un grand isolement peut à présent s’exprimer et se partager. A cet égard, l’essor d’Internet a eu un impact considérable. Pour autant, la difficulté du vécu lié à ce type de parcours écarte toute idée que quelqu’un puisse le suivre par fantaisie ou émulation.

Pour nous joindre : GEsT Groupe d'Etude sur la Transidentité
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